Impacts négatifs de l’élection présidentielle sur l’épargne : 55% des épargnants inquiets

Crédit : stock.adobe.com

Publié le  à 0 h 0

 49% des Français détiennent une assurance-vie, tout changement de fiscalité est une crainte

Le changement de fiscalité préconisé par plusieurs candidats inquiète logiquement pas moins de 55% des épargnants. Le passage à la flat tax de 30% pour tous les placements épargne reviendrait à une hausse de la fiscalité sur les plus-values de près de 7% pour l’assurance-vie.

 Un retour à une monnaie nationale, avec une dévaluation effectuée par les marchés financiers ? Qui n’aurait pas de craintes ?

De quoi faire peur. Figurant au programme de Mme Lepen, la mise en place d’un nouveau Franc pourrait avoir des conséquences sur l’épargne des Français, notamment pour leurs placements à l’étranger. Une dévaluation de la monnaie, même effectuée par les marchés financiers, sur les seules parités, pourrait appauvrir bien plus d’un investisseur.

Les enseignements clés du baromètre Odoxa - LinXea pour Les Echos :

  1. Les Français sont des épargnants : même en laissant de côté le Livret A (détenu par les trois-quarts de nos concitoyens), les deux-tiers des Français détiennent en ce moment au moins un produit d’épargne, dont un sur deux (49%) possède une Assurance-Vie (et 39% un PEL et 19% un PEA) ;
  1. Une majorité de ces épargnants (53%) et tout particulièrement ceux disposant d’un PEA (56%) ou d’une assurance-vie (55%) pense que l’élection présidentielle pourrait avoir des conséquences négatives sur le rendement de leur épargne ;
  1. C’est l’élection de Marine Le Pen qui fait tout particulièrement peur : 55% des Français et 58% des épargnants pensent que son élection aurait des conséquences négatives sur leur épargne ;
  1. Son élection inquiète plus globalement quant aux conséquences négatives qu’elle aurait notamment sur le rendement de certains placements comme l’assurance-vie et sur les taux d’intérêts de la France ;
  1. Sa mesure économique phare – la sortie de l’euro et le retour au franc – est largement rejetée par les Français : les trois-quarts d’entre eux (73%) pensent que cela aurait des conséquences négatives sur leur épargne. Plus de 3 sympathisants FN sur 10 (31%) le pensent aussi ;
  1. Conséquence de ces craintes liées à la présidentielle : 4 Français sur 10 (39%) et près de 1 épargnant sur 2 disposant d’une Assurance-Vie ou d’un PEA disent envisager de modifier leur comportement d’épargne (ou l’avoir déjà fait) à cause de l’élection.

Antoine Delon, le président-directeur général de LinXea, souligne que l’épargne des Français qui a été l’un des grands absents du débat électoral jusqu’à présent, mériterait sans doute d’être un sujet sérieusement abordé par les principaux candidats à l’élection. L’épargne constitue un domaine que les candidats doivent davantage traiter dans leur campagne. Il est possible que si autant d’électeurs restent indécis à moins d’un mois du premier tour, c’est parce que les candidats sont eux aussi encore trop souvent indécis/flous sur le sort qu’ils comptent réserver à certains produits d’épargne comme l’Assurance-vie.

Méthodologie : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les 22 et 23 mars 2017. Echantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles 262 sympathisants de gauche, 177 sympathisants de droite hors FN et 146 sympathisants du FN. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.